Apple et Google font équipe pour enfin donner un cerveau à Siri

Accrochez-vous bien à vos chaises de bureau ergonomiques et vérifiez la température en enfer, car il semblerait qu'il y gèle à pierre fendre. Nous vivons une époque formidable où les chiens et les chats signent des traités de paix, où l'eau et l'huile décident de se mélanger et où, tenez-vous bien, Apple décide d'appeler Google à la rescousse. La firme de Cupertino, celle-là même qui aime construire des murs infranchissables autour de son jardin luxuriant, a officiellement annoncé qu'elle allait utiliser le modèle d'intelligence artificielle Gemini de Google pour propulser la prochaine version de Siri.
C’est un peu comme si Batman demandait au Joker de venir l'aider à sécuriser la Batmobile parce qu'il a perdu les clés. Dans un communiqué qui restera sans doute dans les annales de l'humilité corporative (ou du désespoir stratégique, c'est selon), Apple a déclaré avoir déterminé après une évaluation minutieuse que la technologie de Google offrait la fondation la plus capable pour ses modèles. En langage humain décodé, cela signifie probablement qu'ils ont regardé l'état actuel de Siri, ont pleuré un bon coup et se sont dit qu'il valait mieux s'allier à l'ennemi juré plutôt que de continuer à expliquer pourquoi leur assistant vocal ne sait toujours pas faire cuire un œuf virtuel sans mettre le feu à la cuisine.
Cette annonce intervient après une période que l'on pourrait poliment qualifier de flottement artistique. Rappelez-vous, cela fait près d'un an que la marque à la pomme a retardé sa grande mise à jour de l'IA, admettant du bout des lèvres que cela prenait un peu plus de temps que prévu. C'est l'euphémisme du siècle. C'est comme dire que la construction de la Sagrada Família a pris un léger retard. Bloomberg avait déjà vendu la mèche l'année dernière en rapportant que l’entreprise américaine lorgnait sur Gemini pour une fonctionnalité de réponses basées sur la connaissance mondiale. L'idée est de vous permettre de chercher des informations et de recevoir des résumés générés par l'IA, plutôt que la réponse classique de Siri qui consiste à vous afficher trois liens web en disant “voici ce que j'ai trouvé” avec un air faussement serviable.
Les coulisses de cette décision semblent avoir été aussi chaotiques qu'un épisode de Game of Thrones, mais avec plus de codeurs en sweat à capuche. John Giannandrea, le grand patron de l'IA chez Apple, a d'ailleurs rendu son tablier le mois dernier suite à ces revers. On imagine l'ambiance à la cafétéria. Il faut dire que la tâche était titanesque, transformer Siri, cet assistant sympathique mais un peu simplet qui excelle surtout pour régler des minuteurs pour les pâtes, en une entité omnisciente capable de rivaliser avec ChatGPT.
D'ailleurs, Apple n'a pas seulement fait les yeux doux à Google. La rumeur court que Tim Cook et sa bande ont joué les Bachelors de la Silicon Valley, explorant des partenariats potentiels avec tout ce que l'industrie compte de gros cerveaux artificiels, notamment OpenAI, Anthropic et Perplexity. Le PDG, toujours diplomate, a précisé que l'entreprise prévoyait de lancer des intégrations avec plusieurs entreprises d'IA au fil du temps. C'est une façon polie de dire qu'ils ne mettent pas tous leurs œufs (numériques) dans le même panier, même si le panier de Google semble être le plus gros pour l'instant.
Alors, à quoi devons-nous nous attendre cette année ? À un Siri qui comprend enfin le contexte, qui ne vous demande pas de déverrouiller votre iPhone pour vous donner la météo, et qui, grâce à la magie de Google Gemini, pourra peut-être répondre à des questions complexes sans bégayer. C'est une alliance de raison qui promet de changer notre quotidien, ou du moins, de rendre nos conversations avec nos téléphones un peu moins frustrantes. Reste à voir si Siri développera une personnalité schizophrène, tiraillé entre son âme d'Apple et son nouveau cerveau Google. En tout cas, le futur de nos assistants vocaux vient de devenir beaucoup plus intéressant et ironiquement, beaucoup plus Google.